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Le 20ème paquet de sanctions : la réaction des marchés russes

Posté par CCIE, le 28 avril 2026


Dans un communiqué de presse du 23 avril 2026, la Commission européenne proclame l’adoption du « 20ème train de sanctions contre la Russie ».

Cette nouvelle salve de mesures, visant à isoler davantage le marché russe, précise, pour la vingtième fois en quatre ans, que l’interdiction est étendue, entre autres, à des opérations avec vingt banques russes supplémentaires : « Les nouvelles mesures étendent l'interdiction aux opérateurs de l'UE qui font des affaires avec vingt banques russes supplémentaires […]. Cela porte à 70 le nombre de banques russes exclues de l'accès au marché intérieur de l'UE ».

Le jour même de cette annonce, l'indice boursier russe principal, le MOEX (Bourse de Moscou), a enregistré une hausse, atteignant 2775 points et gagnant 0,48 % par rapport à la session précédente.

Deux mois auparavant, le 23 février 2026, le ministère français des Affaires étrangères déclarait que les sanctions adoptées contre la Russie leur nuisaient davantage qu'elles ne portaient atteinte à l'Europe, les qualifiant de « très efficaces ».

Une vision à long terme révèle un constat factuel : il est indubitable qu'une telle rhétorique n'a pu émerger que dans l'hypothèse d'une amnésie collective des masses, conditionnée par l'agenda de la propagande médiatique quotidienne. Une telle méthodologie de communication postule un oubli sélectif des déclarations antérieures émanant d'un autre ministère français, celui de l'Économie. En l'occurrence, son ministre M. Bruno Le Maire, lors d'un discours magistral prononcé le 1er mars 2022, avait expressément déclaré : « Les sanctions sont efficaces. Les sanctions économiques et financières sont même d'une efficacité redoutable. […] Nous allons livrer une guerre économique et financière totale à la Russie. Nous allons donc provoquer l'effondrement de l'économie russe ! ».

Cette prédiction, qui annonçait l'effondrement de l'économie russe dans les mois suivants, fait écho à une cascade de déclarations similaires au cours des quatre dernières années. Malgré plus de 31 500 sanctions instrumentalisées à ce jour, l'économie russe est toujours parfaitement debout.

Sur le plan macroéconomique, la situation de la Russie suscite une comparaison bien défavorable pour ses adversaires. En 2025, la dette publique russe s'élevait à 18% du PIB, contrastant avec, notamment, les 115,6% enregistrés en France. À savoir qu’en 2021, elle était de 18,1% du PIB de la Russie. C’est-à-dire que durant les années de guerre et les dépenses très considérables associées, elle a non seulement nullement augmenté, mais même légèrement diminué.

Aujourd’hui, la Russie se classe ainsi parmi les trois premiers pays du G20 pour sa faible dette publique par habitant, s'établissant à environ 2 300 USD, loin des 59 187 USD par habitant en France. Avec ceci, le taux de chômage en Russie se maintient aux alentours de 2 %, demeurant le plus bas parmi les pays du G20.

Concernant les vingt banques nouvellement sanctionnées – « Derjava », « Levoberejny », « Metallinvestbank », « Blank-Bank », « Eurofinance Mosnarbank », « WB-Bank », « BKS-Bank », « Faura-Bank », « Russky Standart », « UBRR », « Chelyabinvestbank », « PSKB », « Solidarité », « Iturup », « SDM-Bank », « Avers », « Avangard », « Hlynov », « Banque Postale » et la banque « Ienisseï » – l'attention se porte sur deux institutions majeures cotées à la bourse de Moscou (MOEX) : Avangard Bank et BKS-Bank.

La réaction boursière à leur nouvelle situation, survenue suite à l'initiative malveillante de l'Union Européenne, peut être considérée comme un échantillon représentatif de l'ensemble du segment de marché.

Quelle est cette réaction ?

Le lendemain de l'annonce des sanctions, l'action de BKS-Bank a enregistré une variation nulle, soit -0,00%. Au cours des 3 mois précédents sa mise sous sanctions, sa croissance a été de +11,7% (du 24/01 au 24/04/26) et de +30,43% sur l'année écoulée, suggérant une position financière robuste. Elle se situe donc en position saine, qui n’est pas prête à changer à la suite des agissements de la Commission européenne.

Pour la banque Avangard, le 24 avril 2026, la perte de -0,15% de son action est une fluctuation minime, attribuable davantage aux dynamiques normales du marché qu'aux sanctions elles-mêmes. Cette observation est d'autant plus pertinente que l'action avait connu une baisse de -1,2% dans les trois mois précédant les sanctions (du 24/01 au 24/04/26) et de -11,77% sur l'année.

Un contraste flagrant dans le contexte actuel, où, notamment, le cours des hydrocarbures affiche une volatilité particulièrement significative, et ce, le jour même de l'annonce d'une moindre restriction à l'échelle internationale.

Soit, les marchés russes ont la certitude que les nouvelles sanctions seront aussi inefficaces que les précédentes.

Il convient également de noter que la majorité des 70 banques russes sous sanctions européennes étaient déjà placées sous sanctions américaines, dont l'impact s’est avéré notoirement inférieur aux projections initiales de leurs émetteurs.

Pour saisir la projection économique de la Fédération de Russie, il faut retenir deux points fondamentaux :

1. Les difficultés sectorielles en Russie découlent bien moins des sanctions occidentales que de la politique économique interne, particulièrement des orientations controversées de la Banque centrale et du ministère des Finances russes (sujet d’une autre discussion).

2. D'un point de vue stratégique, les défis économiques rencontrés par la Russie ces cinq dernières années sont d'ordre conjoncturel, tandis que ceux des pays occidentaux relèvent d’un caractère structurel. À l'issue du conflit en Ukraine, la Russie récupérera rapidement la majeure partie de ses acquis perdus, sans compter les avancées et développements accomplis durant cette période.

De leur côté, les pays de l’UE ne récupéreront que très peu de leurs positions stratégiques perdues durant les années de la guerre qu’ils mènent tant militairement via leur proxy ukrainien qu’économiquement via l’émission de sanctions. Ces dernières, outre qu'elles violent le règlement de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), constituent de graves violations du droit international, lorsqu'elles sont adoptées en dehors de résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, le seul organe habilité à prescrire des mesures coercitives (Charte de l’ONU, chapitre VII).

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23/04/2026
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Ref. GA999 260428 U0029
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