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Le Pr Moundounga Mouity du PDG recadre de façon sèche l'honorable Justine Lekogo de l'UDB : confusion des rôles ou procès d’intention ?

Posté par Alain Moundoumba, le 1 novembre 2026


Le Camarade Patrice Moundounga Mouity, MBP, Directeur du Centre d'Etudes Poliiques (CEP) et Ancien Député de la Transition

La tribune de l’honorable Justine Kassi Kassi Lekogo, consacrée à l'audience accordée aux responsables et militants du Parti démocratique gabonais (PDG) par le Président de la République, appelle quelques observations et surtout une mise au point politique.

À vouloir déceler une confusion entre le parti, l'État et la République dans chaque manifestation de dialogue entre le Chef de l'État et une formation politique, on finit par confondre le débat démocratique avec le procès d'intention.

1. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE N'EST PAS LE PRÉSIDENT FONDATEUR DE L'UDB !

Il convient, avant toute polémique, de rappeler une distinction fondamentale que l'honorable députée semble curieusement perdre de vue: M. Brice Clotaire Oligui Nguema est, d'une part, le Président de la République, Chef de l'État et garant des institutions ; d'autre part, le fondateur de l'Union démocratique des bâtisseurs (UDB).

Ces deux dimensions ne doivent effectivement pas être confondues. Mais elles ne doivent pas davantage être instrumentalisées au gré des circonstances politiques.

Lorsqu'il reçoit une formation politique au Palais présidentiel, le Chef de l'État n'est pas nécessairement dans l'exercice d'une activité partisane. Il peut parfaitement exercer sa mission républicaine de dialogue, d'écoute et de rassemblement des différentes composantes de la nation.

C'est précisément ce qui distingue un homme d'État d'un simple responsable politique : savoir accueillir, écouter et dialoguer avec ceux qui ne partagent pas nécessairement ses convictions, ses engagements ou son appartenance politique.

Le Palais présidentiel n'appartient ni à l'UDB, ni au PDG, ni à aucune autre formation politique. Il appartient à la République. Et c'est justement parce qu'il appartient à la République que toutes les sensibilités politiques doivent pouvoir y être reçues dans le respect des institutions.

Depuis quand recevoir des responsables politiques dans une enceinte républicaine constitue-t-il une atteinte à la neutralité de l'État ?

2. LE CARACTÈRE RÉPUBLICAIN DE CETTE RENCONTRE NE SE MESURE PAS À LA COULEUR DES TENUES !

L'honorable députée semble réduire la portée d'une rencontre politique à une question de vêtements et de signes distinctifs.
Mais depuis quand le caractère républicain d'une audience présidentielle se détermine-t-il à partir de la couleur des vêtements de ses invités ?

Une délégation politique ne cesse pas d'être une délégation politique parce que ses membres portent les couleurs de leur formation. Leur identité militante n'efface ni leur citoyenneté ni leur droit de rencontrer le Chef de l'État.
Il faut distinguer le cadre institutionnel de la rencontre de l'identité politique des personnes reçues.

À moins de considérer que les militants et responsables du PDG seraient des citoyens de seconde catégorie, qui devraient abandonner leur identité politique avant de franchir les portes du Palais présidentiel.

La République n'exige pas que les citoyens renoncent à leurs convictions pour être reçus par le Président. Elle exige que les institutions soient respectées et que le Chef de l'État demeure au-dessus des appartenances partisanes.

D'ailleurs, le communiqué de la Présidence est suffisamment explicite. Le PDG est venu exprimer sa reconnaissance au Chef de l'État, lui soumettre ses préoccupations et réaffirmer sa volonté d'accompagner sa vision pour le développement du Gabon. Le Président, pour sa part, a réaffirmé son attachement au dialogue, à la paix et à la concorde nationale.
Où se trouve donc le scandale républicain ?

3. UN PETIT RAPPEL HISTORIQUE À L'HONORABLE DÉPUTÉE

Puisqu'il est question de rupture avec les pratiques du passé, un détour par notre histoire politique nationale ne serait pas superflu.
Feu Omar Bongo Ondimba, Président fondateur du PDG, avait parfaitement compris que la fonction présidentielle ne pouvait se réduire à la défense des intérêts d'une seule formation politique.

Après avoir longtemps dirigé un système de parti unique, il a dû, dans le contexte des revendications démocratiques de 1990, ouvrir le jeu politique au multipartisme. La Conférence nationale de mars-avril 1990 a ainsi réuni des représentants du pouvoir et de nombreuses formations politiques.

Il a également entretenu des rapports politiques avec des personnalités qui ne partageaient pas nécessairement ses orientations. Le dialogue avec le Père Paul Mba Abessole, figure majeure de l'opposition de l'époque, en constitue une illustration. En janvier 2002, des représentants de l'opposition ont même été invités à participer au gouvernement, avec notamment l'entrée du Père Mba Abessole dans l'exécutif.

Cette histoire nous enseigne une chose, un Président de la République peut et doit entretenir des rapports avec les responsables des différentes formations politiques, y compris celles qui ne lui sont pas politiquement acquises.

La devise historique du PDG, « *Dialogue – Tolérance – Paix* », n'est d'ailleurs pas une simple formule décorative. Elle rappelle une certaine conception du rassemblement national.

Il serait donc particulièrement paradoxal de reprocher aujourd'hui au Président Oligui Nguema de recevoir une formation politique, alors que notre histoire institutionnelle a connu des pratiques de dialogue présidentiel avec des responsables de sensibilités politiques diverses.

4. LE PDG N'EST PAS UN INTRUS DANS LE PROCESSUS DE TRANSITION ET DE REFONDATION

Il y a également une vérité politique qu'il serait malhonnête d'occulter.

Comme de nombreux compatriotes, le PDG a accompagné le Général Brice Clotaire Oligui Nguema tout au long du processus politique qui a conduit à la nouvelle République, du référendum constitutionnel à l'élection présidentielle qui l'a porté à la magistrature suprême.

Le PDG a fait un choix politique. Il a pris ses responsabilités et apporté son soutien à une dynamique nationale dont l'objectif affiché était de conduire le pays vers une nouvelle étape de son histoire.

Ce soutien ne lui confère aucun droit de propriété sur la République, certes. Mais il ne saurait davantage être considéré comme une faute politique, une allégeance honteuse ou une compromission institutionnelle.

Le PDG demeure une formation politique légalement constituée, avec son histoire, ses militants, ses responsables et ses ambitions. Sa participation au débat national et sa volonté de contribuer à la construction du Gabon ne devraient susciter ni étonnement ni indignation.

À quel moment le soutien politique apporté au processus de transition et à l'élection du Chef de l'État serait-il devenu un motif d'exclusion du dialogue républicain ?

On ne peut pas solliciter l'engagement des formations politiques lorsqu'il s'agit de consolider une dynamique nationale et, ensuite, leur reprocher de venir exprimer leurs préoccupations au Président de la République.

5. VOIR DANS CETTE RENCONTRE LA HAUTEUR D'UN HOMME D'ÉTAT, PLUTÔT QUE D'Y CHERCHER UN PROCÈS POLITIQUE

Là où l'honorable Justine Lekogo voit une mise en scène partisane, d'autres peuvent légitimement voir la manifestation d'une hauteur institutionnelle.

Recevoir le PDG, écouter ses préoccupations, entendre son plaidoyer en faveur de l'inclusion politique et lui témoigner une disponibilité au dialogue, c'est aussi démontrer que le Président de la République n'entend pas gouverner dans l'exclusion ou le ressentiment.

C'est précisément ce que l'on attend du garant des libertés, de l'unité nationale et de la cohésion sociale.

Un Chef d'État ne doit pas être prisonnier des rancœurs politiques, des querelles partisanes ou des antagonismes hérités du passé. Il doit être capable de prendre de la hauteur et de considérer que la construction nationale exige la contribution de toutes les forces politiques, sans discrimination.

La véritable rupture ne consiste pas à remplacer une exclusion par une autre. Elle consiste à rompre avec les réflexes de stigmatisation, de règlement de comptes et de confiscation du dialogue politique.

6 À L'HONORABLE DÉPUTÉE* *: UN PEU DE MESURE ET DE RETENUE !

L'honorable Justine Lekogo devrait également se rappeler qu'avant d'être une élue investie sous la bannière d'une formation politique, elle est une représentante de la nation.

À ce titre, elle est tenue à une certaine hauteur de vue, à la mesure dans ses prises de position et à la responsabilité dans l'appréciation des actes du Chef de l'État.

La liberté d'expression parlementaire est un droit fondamental. Personne ne songe à le contester. Mais cette liberté ne dispense ni de la rigueur intellectuelle ni de l'honnêteté dans l'analyse des faits politiques.

Il est parfaitement légitime de questionner les actes du pouvoir. Encore faut-il le faire sans travestir la portée des événements et sans transformer chaque initiative présidentielle en soupçon de dérive institutionnelle.

Si demain le Président de la République reçoit l'UDB, le PDG, un parti de l'opposition ou une coalition de formations politiques, faudra-t-il systématiquement y voir une tentative de récupération, une confusion des rôles ou une atteinte à la République ?

La neutralité présidentielle ne signifie pas l'indifférence politique. Elle signifie la capacité de recevoir tout le monde sans discrimination et de ne se mettre au service exclusif d'aucune chapelle.

POUR NE PAS CONCLURE...

L'honorable Justine Lekogo aurait pu saisir cette rencontre comme une occasion de saluer la disponibilité du Chef de l'État au dialogue et sa volonté de maintenir ouvertes les passerelles entre les différentes sensibilités politiques du pays.

Elle a préféré y voir un problème de couleurs, de symboles et de mise en scène.

C'est son droit. Mais il faut se garder de confondre vigilance républicaine et suspicion systématique.

La République ne se construit ni dans l'exclusion ni dans la stigmatisation. Elle se construit dans le dialogue, la tolérance, le respect des différences et la capacité des dirigeants à dépasser leurs appartenances politiques.

Le Président de la République n'a pas vocation à être le président des seuls partis qui lui sont favorables. Il est le Président de tous les Gabonais, y compris de ceux qui ne partagent pas ses choix politiques. Et c'est précisément en recevant ceux qui viennent à lui que cette dimension républicaine prend tout son sens.

Au fond, le véritable problème n'est peut-être pas que le Président Oligui Nguema ait reçu le PDG au Palais présidentiel. Le véritable problème serait plutôt que certains ne supportent pas que le Chef de l'État puisse dialoguer avec une formation politique sans leur demander préalablement leur autorisation ou leur validation politique.

La République n'est la propriété d'aucun parti. Mais elle n'est pas non plus la propriété de ceux qui prétendent en détenir seuls l'interprétation et les règles de fréquentation.

Le dialogue républicain n'est ni une faveur ni une compromission. C'est une exigence démocratique.

Retenez définitivement ce que le Président de la République a dit :"*"c'est à vous mes collaborateurs de vous adapter à ma vision et non de rabaisser les autres , de manquer d'humilité. Vous avez du mal à suivre ma vision d'inclusivité mais moi je travaille avec tout le monde"*.

Telle est la reponse du Président de la République à ces élus indisciplinés qui ne savent pas que le rôle d'un Député n'est pas de contredire publiquement ou sous cape son Chef, mais de faire son travail de Parlementaire à l'Assemblée nationale.
Quand on se presente en directeur de conscience de son chef de parti qui plus est Président de la République, on n'a bien plus que de l'indidscipline, un vrai problème d'éducation. Cette façon d'infantiliser le Chef de l'Etat est la preuve d'une indécence morale. Quand le Chef de l'Etat a fait son coup d'Etat, quelle a été votre contribution pour s'opposer à toutes les initiatives du Président. En politique, on ferme sa bouche et on s'aligne sinon on démissionne. Lequel des projets applique le Président, son projet à lui ou celui de Mme Justine Lekogo. Vous n'avez pas hésité à quitter les rangs du PDG à la moindre tempête et, à l'époque où régnait une association de triste mémoire.

PDGiste, j'y suis, je reste et j'assume.

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